CIDD 2015 - Modèles de transition

Innovations sociales et transition : comment accélérer le mouvement ?

Vendredi, 22 Mai 2015

Les 20, 21 et 22 mai, l’Université catholique de Louvain (UCL) et l’Université libre de Bruxelles (ULB) co-organisaient le deuxième Congrès Interdisciplinaire du Développement Durable (CIDD) sur le thème « Comment accélérer la transition ? ». L'événement a été l'occasion de revenir sur la place des innovations sociales dans la transition vers des sociétés plus résilientes. Invité comme discutant, PLS a notamment plaidé en faveur du développement de l'économie sociale.

La première édition du Congrès Interdisciplinaire du Développement Durable en 2013 avait été un véritable succès. Deux années plus tard, l’UCL et l’ULB ont renouvelé leur collaboration pour une deuxième édition en élargissant les thématiques abordées. Isabelle Van Driessche, du réseau Transition, se réjouissait ainsi de l’arrivée de la problématique de l’innovation sociale à l’ordre du jour de ce CIDD15.

Le congrès embrassait, du reste, bon nombre de thématiques transversales de la Transition telles que l’alimentation, l’agriculture, l’économie sociale ou l’aménagement du territoire.

 

Un congrès sous le signe de l'innovation sociale

Constatant que la notion était mal comprise, souvent réduite à l'inverse des innovations technologiques, les orgranisateurs du Congrès ont souhaité revenir sur l'innovation sociale comme vecteur du développement durable lors de la plénière du jeudi 21 mai.

Pour l'occasion, Olivier De Schutter (UCL, ancien rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation) et Tom Dedeurwaerdere (UCL, directeur de recherche de l'unité Gouvernance de la biodiversité) étaient invités. Revenant d'abord sur plusieurs exemples concrets d'innovations sociales (tels les supermarchés coopératifs, les fournisseurs positifs d'énergies, les monnaies locales...), les deux professeurs se sont ensuite attachés à démontrer l'importance des innovations sociales dans la transition vers un développement soutenable de nos sociétés.

Les innovations sociales contribuent en effet largement à répondre aux enjeux environnementaux (via la descente énergétique par exemple), économiques (via le développement de modèles économiques plus égalitaires entre autres) et sociaux (via la création de liens sociaux au sein des communautés locales).

Pour permettre un changement d'échelle et une véritable accélération de la transition, il sera toutefois nécessaire de considérer un quatrième pilier au développement durable, à savoir le pilier politique. L'engouement pour ces innovations sociales et citoyennes obligent les décideurs à en tenir compte : en créant de nouvelles structures de démocratie participative ; en renforçant les liens de confiance entre citoyens et citoyennes dans la construction de l’action collective ; etc.

Ces initiatives ne sont pas un prétexte pour l'État de se désinvestir. Bien au contraire, leur politisation doit inviter à la régénération de la vie politique et de la démocratie locales.

 

L'appel de PLS pour une économie inclusive

Invité pour discuter deux contributions de la thématique « Modèles de la Transition », Denis Stokkink, président-fondateur de PLS a quant à lui contribué à représenter la société civile lors de cet événement académique majeur.

La première contribution de Géraldine Thiry et Philippe Roman, relative à l’Indicateur de richesse inclusive (l’IWI, en anglais), a été l’occasion de revenir sur l’importance de développer des indicateurs composites prenant en compte au-delà de la richesse le bien être des individus. Dans le prolongement de la présentation du papier, Denis Stokkink a souligné l’importance de développer une croissance inclusive à l’échelle européenne, à l’aide d’indicateurs co-construits, à la manière de la Méthode Ouverte de Coordination (MOC).

La deuxième contribution, présentée par son auteure Clara Breteau, portait sur l’intérêt d’un parler poétique pour questionner la magie de la croissance et ouvrir la voie d’une prospérité différente. À cette proposition inspirante, Denis Stokkink a préféré proposer une troisième voie évitant la confrontation dogmatique croissance/décroissance : celle de l’économie sociale. Cette dernière offrirait, selon le président de PLS, les conditions nécessaires à l’émergence d’innovations sociales au quotidien.