Etudes & Recherche - Analyse

Vers un nouvel indicateur axé sur le développement?

Mardi, 29 Septembre 2009

Le PIB, indicateur inventé dans les années trente, est aujourd'hui remis en question. Cet outil de mesure, calculé par l'addition de la consommation privée, des investissements, de la consommation publique et des exportations (dont les importations ont été soustraites) ne prend en compte que le caractère économique du développement, n'envisageant pas ses autres aspects.

La nécessité de réformer le PIB est l'objet d'une volonté politique marquée depuis 2007 par la Commission européenne qui a abouti au mois d'août 2009, à la publication d'une Communication « Le PIB et au-delà - Mesurer le progrès dans un monde en mutation ». Celle-ci fixe plusieurs objectifs à atteindre pour compléter et nuancer l'indice PIB. Cette réflexion sur la validité du PIB n'est pas neuve, l'ONU, au travers de son programme pour le développement, a créé l' « IDH » - Indice de Développement Humain - (associant le PIB, l'éducation et la santé), et plusieurs ONG utilisent le concept d'empreinte écologique. Pour correspondre à la stratégie de Lisbonne et au développement durable, la Commission préconise notamment que l'Europe se dote d'instruments de mesure fiables et efficaces pour mener à bien ses politiques avec cohérence.
Ces nouveaux objectifs entreront en résonance avec les objectifs de la Stratégie de Lisbonne, ils sont au nombre de cinq et pourront être modifiés ou complétés jusqu'en 2012.

  • Indicateurs environnementaux et sociaux :

La Commission prévoit de présenter en 2010 un nouvel indice de pression environnementale regroupant les grands axes de la politique environnementale : changement climatique, nature et biodiversité, pollution atmosphérique et effet sur la santé, utilisation et pollution de l'eau, production des déchets et utilisation des ressources. La baisse du niveau de l'indicateur sera le signe d'un progrès écologique. Cet indice environnemental sera complété par une mesure de la qualité de vie et du bien-être des citoyens. Afin d'obtenir des données sociales plus performantes, les registres fiscaux et de sécurité sociale seront mobilisés, et afin d'assurer une bonne actualisation des données, un nouveau système européen de modules d'enquêtes statistique sera créé.

  • Quasi instantanéité des informations pour les décideurs:

Les données statistiques relatives à l'économie sont en général très actuelles, au contraire des données sociales et environnementales, qui sont trop peu mises à jour, et pourtant en perpétuelle modification. L'Europe se fixe pour objectif de produire des informations et d'y avoir accès quasi en temps réel.

  • Précision accrue des rapports sur la distribution et les inégalités:

Les disparités dans la répartition des richesses sont un excellent indicateur des inégalités et de la cohésion sociale tandis que le PIB, qui se contente d'afficher une augmentation ou une diminution, il n'éclaire en rien sur la discrimination, le risque de pauvreté. Le nouvel indicateur sera en mesure de prendre en compte des données telles que l'accès au logement, la santé, l'éducation, l'espérance de vie. De plus, une attention particulière a été accordée au lien entre exclusion sociale et privation environnementale.

  • Développer un tableau de bord européen du développement durable:

Un indicateur du développement durable (IDD) a été créé pour mesurer les progrès effectués par rapport aux objectifs de la SDD . La SDD tente notamment d'établir des limites de la capacité d'exploitation des ressources naturelles, afin d'éviter que des points de basculements réels ne soient atteints. Le tableau de bord européen sera actualisé par les données recueillies, ce qui permettra d'ajuster les politiques en fonction des objectifs à atteindre.

  • Extension des comptes nationaux aux thématiques environnementales et sociales:

Le principal outil statistique européen est le système européen des comptes. Celui-ci prendra maintenant en compte les données relatives aux questions sociales et environnementales. Ces données devraient être disponibles à des fins politiques d'ici à 2013.

La Commission a décidé d'une évaluation de ce nouvel indicateur en 2012.