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La politique européenne d'immigration

Notes d'analyse
Février 2007
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Notes d'analyse, Affaires sociales, février, 2007

La migration – déplacement de population d’un lieu à un autre afin de s’y installer – est un phénomène naturel, aussi vieux que l’humanité. Des siècles durant, l’Europe a été une terre d’émigration et nombre d’Européens sont partis explorer de « nouveaux mondes ». Puis, le phénomène s’est inversé : l’Europe est devenue une terre d’immigration. Aujourd’hui, le Vieux Continent accueille en effet près de 1,5 million d'immigrants chaque année, devenant ainsi la première terre d’accueil, devant l’Amérique du Nord. À l’intérieur même de l’Europe, chaque pays possède sa propre tradition et connaît des tendances différentes de ses voisins. Ainsi, certains pays d’émigration sont devenus avec le temps des terres d’accueil ou de passage, tandis que d’autres ont enregistré l’évolution opposée.

L’immigration est donc un sujet complexe qui dépend de facteurs économiques, démographiques et politiques et qui revêt de multiples facettes. Elle suscite des espoirs et nourrit des peurs : espoir d’un asile politique pour certains, d’un  travail et d’une vie meilleure pour d’autres… peur de l’étranger, du chômage, de l’insécurité… Elle donne naissance à des réactions d’exclusion, mais aussi à de formidables mécanismes de solidarité et d’intégration. Particulièrement importante aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale – période qui correspond également à la naissance de l’Union européenne –, l’immigration n’est abordée au niveau européen que depuis 1999, avec l’entrée en vigueur du Traité d’Amsterdam. À ce sujet, l’UE semble confrontée à un paradoxe. Les drames de Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles au Maroc, où des candidats à l’immigration tentent de franchir les fils barbelés au péril de leur vie, ont révélé la « forteresse » qu’est devenue l’Europe. D’autre part, le vieillissement de la population et le déclin de la démographie en Europe risque d’entraîner une pénurie de main d’oeuvre. L’UE prend progressivement conscience de ce nouveau défi. C’est dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, qui vise à faire d’ici 2010 de l’Europe « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde », qu’il faut le relever. Si l’immigration ne constitue pas en soi la solution au vieillissement, elle pourrait, dans une certaine mesure, s’avérer de plus en plus nécessaire. L’UE reconnaît l’impact positif des flux migratoires sur l’esprit d’entreprise, la créativité et l’innovation et la nécessité d’élaborer une stratégie commune en la matière, ainsi qu’un cadre juridique sûr pour garantir des droits aux migrants et permettre leur intégration. Dans ce contexte, il nous est apparu opportun d’analyser les perspectives européennes en matière l’immigration pour la programmation budgétaire 2007-2013.

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